27/03/2007

T + G = V

Qu’est-ce que je me suis ennuyée ce week-end au Touquet loin de mon Gustave c’était affreux. En plus Papa était resté à Paris à cause du Salon du Livre qu’il finit tous les soirs de la même façon c’est-à-dire dans le salon et ivre. Quant à Maman elle tapait à longueur de journée le bridge avec Tante Madeleine qui arrêtait pas de lui faire admirer le sien qu’elle venait de se faire poser. Du coup je me suis retrouvée seule avec Chanelle vu qu’entre Le Grand Cabaret du samedi soir et Vivement dimanche le lendemain après-midi Grand-Mère avait pas trop le temps de prendre de mes nouvelles.
Alors je me suis enfermée dans ma piaule et j’ai décidé de créer telle une artiste mauditionnée. Bon au début pas trop vu que j’ai tellement chialé que j’ai failli devenir aveugle ce qui était pas très pratique pour écrire. Mais ensuite je me suis fortement concentrée sur une pensée hyper rock’n’roll genre mon Gustave en pleine transe musicale comme pendant son dernier concert à Rennes. Résultat en moins de deux jours sans boire ni manger j’ai réussi à écrire cette sublime chanson que j’ai sombrement intitulée T + G = V – Tina + Gustave = Velo ce qui à l'endroit veut dire Love pour pas trop éveiller les soupçons. Et ça a marché la preuve quand j’ai envoyé le titre à Rania par texto elle m’a répondu t’as oublié l’accent sur le e mais malgré ça je vois pas le rapport.


T + G = V

Sur la plage du Touquet
J’échoue telle une épave
Et dans le sable frais
Nos deux prénoms je grave

Tina + Gustave
Tina + Gustave

Tu as rendu mon cœur
Bouillant comme la lave
D’une folle passion
Je suis devenue l’esclave

Elle s’appelle Gustave
Elle s’appelle Gustave

Je pense à toi chaque seconde
Même en mangeant des betteraves
Je ferais le tour du monde
Du grenier jusqu’à la cave

Pour toi mon Gustave
Pour toi mon Gustave

Et quand vient le soir
Tout le monde va danser en rave
Couchée seule dans le noir
J’écoute des chants bataves

Ik hou van jou Gustave
Ik hou van jou Gustave

12/03/2007

Un amouro de connassa

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Ce matin avant de partir bosser sur les coudes de 11 heures Papa m’a convoquée dans son bureau – entre Athénaïssou ma chérie j’ai une très bonne nouvelle pour toi il s’est réjoui. Ah bon quoi j’ai demandé en espérant qu’il soit enfin d’accord pour emménager les combles et me faire une piaule de 250 mètres carré digne de ce nom avec terrasse panoramidale comme celle de Rania. Ton livre se vend très bien ma fille je suis content a pavané Papa, super j’ai approuvé tout en me décevant pour ma piaule mais c’est pas mon livre tu sais c’est celui de Sonia, oui bon peu importe c’est pas les nègres qui manquent sur le marché il a soufflé - et c'était vrai surtout sur celui de la place Jean Lorrain où Amélia achetait toujours ses régiments de bananes. Bref non seulement le livre marche bien en France mais en plus il va bientôt être traduit en italien c’est pas formidable ça a hystérisé Papa en s’offrant une petite pipe comme à chaque fois qu’il menait ses affaires en bon porc.
Génial j’ai fait semblant de m’exciter alors que je voyais pas du tout en quoi c’était une très bonne nouvelle pour moi vu que je comprenais pas un seul traître mot d’italien. Par contre je comprenais que Papa soit content lui il pourra se faire traduire le livre adéquatement par Giovanna sa jeune homologue dans une grande maison d’édition à Bologne avec qui il bosse étroitement. D’ailleurs à chaque fois qu’il va la visiter sur place pour une réunion de travail son pote Philippe l’avocat du barreau comme il se pseudonyme lui-même dit toujours en rigolant alors Jeannot tu vas encore bouffer de la bolognaise tout le week-end.
Ben quoi je vois pas ce qu’il y a de drôle c’est bon la sauce tomate à la viande mais seulement la light que me prépare Amélia bien sûr. En tout cas je sais pas comment il vont appeler le livre en Italie mais dès que j’ai des infos soyez sûrs que vous en serez les premiers infusés mes amis. Si ça se trouve ça sera tout simplement Un amouro de connassa vu que l’italien ça ressemble exactement au français avec juste des o et des a en plus à la fin des mots comme m’a expliqué Rania en tant que parfaite bilingue kataro-vendéenne.

07/03/2007

Un aprem chez Noir Ken

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Tu m’as pris dans un coin et tu m’as demandé-an si je pouvais t’emmener loin ou du moins essayer-an – haaan elles étaient vraiment magnifiques les paroles inventées par mon Gustave. Il lisait à fond dans mes pensées ou quoi bien sûr que j’avais envie qu’il m’emmène loin en vacances au Touquet par exemple je suis sûre que Grand-Mère serait d’accord pour nous prêter son manoir. En plus on avait trop les mêmes goûts Gustave et moi la preuve la suite de sa chanson parlait d’un chat projeté en l’air – franchement c’était tout ce qu’il méritait moi non plus je pouvais pas me piffer les gros vicieux à moustaches.
Tout ça c’était bien beau mais le problème c’est que j’arrivais pas à être plus proche de mon Gustave je veux dire physiquement bien sûr vu que mentalement on était exactement sur la même longueur d’ongles. Hélas à chaque fois qu’on le voyait il était toujours avec Joséphine pendue à ses basques telle une pelote – elle commençait à me mettre les nerfs celle-ci j’étais à deux doigts d’en découdre. Mais bon le seul moyen pour être près de Gustave c’était de côtoyer cette nouillasse alors pour l’avenir de mon couple j’ai décidé de me faire violence conjugale en accomplissant une chose incroyable et complètement dingue – une chose terrible que seule la force de mon amour m’a donné le courage de la faire.
Donc hier j’ai pris mon portable et j’ai appelé Joséphine. La dernière fois que j’ai dû en arriver là c’était au réveillon 2003 quand Rania et moi on s’était retrouvées enfermées par erreur sur sa terrasse de toit panoramique et qu’on avait pas le code pour redescendre chez elle. Je m’en souviens ce fut la croix et la Banette rien que pour trouver le numéro de Joséphine vu que je l’avais pas et Rania non plus – par le prophète qu’est-ce que tu veux que je foute avec ça elle m’avait engueulée. En plus la mère de Joséphine vu que son père était mort quand elle était petite s’était mise sur liste rouge et Anne-So restée à l’intérieur avait déjà pas de portable à l’époque. Résultat on a dû appeler en urgence les cabinets de son père rue Raynouard pour qu’il aille regarder dans le répertoire d’Anne-So – je vous dis pas c’était vraiment un cas de force majeur comme avait crié Rania en levant le sien vers Joséphine quand elle était enfin venue nous ouvrir. Bref.
Ouais-an m’a répondu Joséphine au bout de la troisième sonnerie avec l’accent gustavien qu’elle utilisait de temps en temps cette copieuse, saluuut Joséphiiine comment ça vaaa je me suis faussement excitée. Tina c’est toi elle a halluciné ben ça alors qu’est-ce qui t’arrive, rien rien rien je voulais juste prendre quelques nouveeelles c’est touuut j’ai chantonné gaiement. T’es sûre que ça va m’a tout de suite soupçonnée Joséphine, mais ouiii et toi copiiine j’ai continué, très bien merci tu sais ça me fait super plaisir que tu m’appelles elle s’est réjouie tiens si on allait faire les boutiques ensemble cet aprem. Eeeuh je sais pas trop il faut que je réfléchisse j’ai hésité – j’étais peut-être dingue mais pas encore masochic, comme tu veux a fait Joséphine en tout cas si ça te dit je vais dans une boutique très sympa et après je retrouve Gustave, OK je viens j’ai accepté direct puis j’ai raccroché tellement j’étais impatiente de revoir mon rock-cœur d’amour.
La boutique où m’a emmenée Joséphine s’appelait Noir Kennedy au début j’ai cru qu’on y trouverait que des tailleurs et des colliers de perles style Jackie Kennedy mais en fait pas du tout. A l’intérieur c’était une vraie caverne d’Ali Babar avec que des jeans ultramoulants plein de fringues noires et des vestes en cuir ou en fourrure – on aurait dit le dressing géant des Naast. Je peux vous aider les filles-an nous a verbalisées une vendeuse au carré très asymétrique orange en minirobe léopard leggings et bottines en croco violettes. Wouahou génial votre look l’a félicitée Joséphine on veut exactement le même, euh oui mais sans la coupe de cheveux j’ai précisé, OK suivez-moi-an a pas du tout rigolé la vendeuse. Dix minutes plus tard en sortant des cabines d’essayage en forme de cercueil on a failli pas se reconnaître Joséphine et moi – wouahou on est trop canooon elle a hurlé en admirant dans les miroirs artistiquement brisés sa tenue entièrement à base de têtes de mort. Oui c’est super j’ai menti vu que je me sentais pas trop à l’aise avec mon collant résille qui grattait ma jupe en cuir et mon dos-nu qui disait non au futur – heureusement que j’avais une grosse écharpe imprimée de guitares électriques pour me tenir chaud.
C’est ainsi accoutumées qu’on est allées rejoindre Gustave tout près de là dans un bar-tabac-PMU comme c’était marqué sur l’enseigne – sûrement un repaire de Poètes Merveilleux et Ultracools. Quand on est arrivées il nous attendait déjà beau comme un jeune dieu de l’Olympia ce qui était pas dur en comparaison des vieux moches et pourris qui se bourraient d’alcool autour de lui en fumant des cigarettes beurk. Hellooo s’est tout de suite jetée sur lui cette voleuse de Joséphine, salut-an a répondu Gustave ah sympa vos looks-an il nous a complimentées tel un parfait gentleman, ouais on est allées faire un tour chez Noir Ken ça déchire hein a sursurré Joséphine. Et pour ces messieurs-dames ce sera nous a agraissés le gros barman avec sa moustache dégueulasse, un lait fraise-an a commandé Gustave, un diabolo-menthe à l’eau a choisi Joséphine, euh pareil mais sans le diabolo-menthe j’ai demandé. Elle voudra des glaçons dans son verre d’eau a ricané le gros, non merci j’ai refusé il fait déjà assez froid dehors – sur ce tous les mecs dans le bar se sont éclatés de rire alors qu’il y avait pourtant rien de drôle vu qu’on était en hiver.
Haaan c’est génial cet endroit s’est ecstasyée Joséphine, ouais j’adore c’est trop authentique-an a fait Gustave en emmitouflant dans son boléro en chaud lapin, tu viens souvent je me suis renseignée discrètement pour savoir quand l’espionner adéquatement. De temps en temps-an a avoué Gustave j’aime bien m’imprégner de la vraie vie des vrais gens pour mieux me livrer à mon art-an tu vois ce que je veux dire-an, complètement j’ai fait semblant vu que j’avais rien compris à sa phrase. Là-dessus le gros barman s’est pointé avec nos commandes et sans faire exprès il a maladroitement renversé le lait fraise sur le boléro de Gustave – haaan mais ça va pas non-an a crisé celui-ci en s’épongeant avec un Kleenex. Quand le gros a voulu l’aider avec un bout de son tablier tout taché il s’est mis à hurler me touche pas vieille merde prolétaire-an puis il a dit venez les filles on se tire de ce bouge-an. Du coup on a suivi Gustave qui pendant tout le trajet du retour à Passy arrêtait pas de râler contre les mecs du bar-tabac en répétant que de toute façon c’était tous des gros poireaux. Franchement j’avais rien remarqué pour moi le seul de la bande qui se rapprochait à peu près d’un légume c’était cette patate de barman – ah les artistes de génie ils remarquaient vraiment des détails qui échappaient au coma des mortels.

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